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jeudi 11 juin 2020

(Vue de l'esprit)




Les grandes tiges de chicorées échappées belles d'1m60 vont bientôt se parer de leurs attrayantes fleurs bleu azur.
Elles sont choisies pour le gîte et le couvert des colonies de pucerons, qui boudent le jeune prunier greffé juste à côté.
Une larve de coccinelle qui se régale à son tour se trouve aussi dans ce plan trouble... Combien de temps va-t-il durer avant l'intervention des fourmis ? Il y a temporairement de la place pour tout le monde.


vendredi 4 octobre 2019

Rencontre


Une graine de tomate dans les épluchures. Une bétonnière qui n'a plus de moteur, qui abrite de la terre et du sable. Une rencontre. Nouvelles vies.

Ce magnifique pied donne au moins une vingtaine de fruits de tailles différentes qui mûrissent en ce moment.

Le minimum d'actions. Le hasard des rencontres. Les alchimies.




Au début de la séquence, on voit le pêcher qui a donné ses premières petites pêches très odorantes et bonnes. Belle des Croix Rouges.
(Je remarque que la consoude s'était très bien développée à son pied).





lundi 24 juin 2019

lundi 18 mars 2019

Point mare


Précédent article sur le sujet : https://ciel-ou-vert.blogspot.com/2017/12/chantiers-mare.html.


Eté 2018


Des nouvelles :

Pour un système de mortier à la chaux, le coût est assez élevé. Car nous avons constaté qu'il vaut mieux mettre plus de chaux dans le mélange, comme Evelyne Adam, pour ses Kerterre. C'est à dire qu'il faut mettre autant de chaux que de sable, plus quelque chose de structurant (elle, elle utilise le chanvre pour ses longues fibres, pour construire des maisons), mais ça peut être de la tonte d'herbe, du fumier, de la paille, ou de la pouzzolane (pour se rapprocher du béton romain : ils auraient utilisé de la pierre volcanique ou du tuileau, c'est à dire des vieilles tuiles concassées).

S'agissant de la grande mare, après un deuxième hiver, on voit que c'est à cette période que la structure se fragilise. Il gèle assez fort ici l'hiver (même sur une très courte période cette année !), et le terrain est quand-même assez argileux, donc bouge beaucoup avec le gel. 
La grande partie évasée de la grande mare a, semble-t-il, une structure trop souple pour sa taille, sa forme et le terrain mouvant (grillage à moutons). Elle bouge donc beaucoup l'hiver et craque par endroits (surtout sur les bords qui sont moins tenus). Le fond ne bouge pas car il est bien tenu. La petite partie non plus, ni la petite mare, car le rocher affleure en-dessous et tient bien la mare qui est plus petite et bouge moins. (Les Romains et d'autres peuples faisaient des bassins préalablement structurés en pierres, puis recouvraient de ce béton de chaux. Il faudrait aussi voir sur quels types de sols ces bassins ont été réalisés, dans quel milieu climatique, etc.). 
A la fin du premier hiver, on a fait des réparations avec un mélange moitié chaux, moitié sable, et nous avons eu une mare bien remplie tout l'été. Et cet hiver, la grande mare s'est de nouveau au 3/4 vidée, mais les dégâts sont un peu moins importants que l'hiver passé (bien qu'il ait fait plus froid, certes sur une période plus courte), car elle est restée plus longtemps en eau et cela a dû mieux la protéger, même si l'eau a intégralement gelé à un moment donné. 
Nous allons donc refaire des réparations avec la même proportion sable - chaux, mais en tamisant bien le sable pour avoir quelque chose qui pénètre les fissures et en essayant d'y ajouter de la tonte fine (pour un effet plus structurant de polymérisation), et pourquoi pas de la cendre ? Et on verra... 
La vie en tous cas revient très très vite dans l'eau. Si nous voyons l'année prochaine que ça ne fonctionne décidément pas, peut-être que nous devrons mettre une bâche. (Donc si on veut être sûr que cela fonctionne tout de suite, avec la bâche a priori on "gagne du temps").


Nouveaux conseils de septembre 2020 :

Le grillage sert à structurer le béton, comme le font les fers à béton dans le béton classique, pour que l'ensemble se tienne.

Nous vous conseillons d'ajouter au mélange quelque chose de structurant en plus, comme les graviers dans le béton classique. On peut mettre de la pouzzolane si l'on veut essayer d'imiter le béton romain puisqu'ils se servaient soit de pierres volcaniques, soit de tuileau (des tuiles en terre concassées). Mais on peut imaginer un matériau que l'on trouve à proximité.

Autre conseil : il faut maintenir le niveau d'eau et surtout au moment de la prise. La chaux hydraulique fait sa prise à l'eau. Une fois que le dernier enduit a commencé à bien sécher en surface, il convient de remplir la mare jusqu'au trop-plein et de maintenir ce niveau.

L'idéal est d'avoir le moins de bords possible car les parties qui alternent le contact avec l'air et l'eau ont tendance à se craqueler. Il est possible de protéger les bords avec des pierres.


vendredi 8 juin 2018

Bouts de vie de juin


Au Jardin Mire, les mares ont été toutes chamboulées pour cause de grands travaux... et la vie revient très vite avec la pluie et la douceur...


Les feuilles du nénuphar commencent à sortir :)

*

Des fleurs sous le ciel gris de ce mois de juin :


Les fleurs de knauties sont là et bien visitées ;  les coquelicots et fumeterres en bonne place au bord de la grande mare ; le souci a tenu toute l'année et s'éclate avec la pluie (on devine au fond les marches de l'escalier fabriqué avec les copains du Chant des Limaces !); les gaillardes données par la voisine (merci !) ont bien supporté la transplantation en période humide.




Et puis pour la confiture d'oranges amères qu'on nous a données, check !

dimanche 13 mai 2018

Brèves du jardin


Brèves en images ci-dessous :

La journée de rencontre du 14 avril dernier était bien sympa : nouvelles rencontres et avancée des murs en torchis des toilettes sèches au jardin.
La mare se remplit tranquillement avec la pluie qui nous ravit (mare réparée, plus d'infos bientôt).
On récolte les petits pois, les fèves, l'ail, les plantes sauvages et se régale bien.

Grand merci pour les coups de main et les partages, on se retrouve bientôt pour les prochains évènements !











vendredi 15 décembre 2017

Chantier(s) chaux mare !


Un article très détaillé, comme on aurait aimé trouver pour nous faciliter la préparation du chantier. L’essentiel de cette aventure ne se trouve pas dans les mots - peut-être une phrase y fait-elle allusion ici -, cela se vit !


Grande mare sur la terrasse centrale du jardin.



PETIT ÉTAT DES LIEUX


L'association Ciel-ou-vert habite un jardin de particuliers à Pertuis, petite ville au Sud du Luberon. 
Dans les jours et mois à venir, nous voulons de nos mains construire toutes les structures qui permettront de rendre de plus en plus autonome, durable et résilient le système que nous co-dessinons avec la nature pour ce jardin. Sa vocation est de :

- y soutenir la vie, toute la vie, dans sa plus grande diversité. Tout en mariant cet objectif avec le suivant ; 
- obtenir une récolte, de plus en plus abondante, pour satisfaire les besoins essentiels des jardiniers, puis ceux de ceux qui les entourent, avec peu d’apports extérieurs quand on le peut ;  
- accueillir, se rencontrer, échanger, transmettre, créer... 




Cela prend et prendra du temps, le temps juste de ces choses pour se faire… 
Quand-même, il y a quelques “gros cailloux” pour commencer : le système de gestion des eaux, la serre pour les semis, les toilettes sèches pour la fertilisation, un abri d’accueil pour partager, créer, etc.

Et comme nous vivons avec la sécheresse, qui a atteint un nouveau record cette année, quasiment 7 mois sans pluie (qui mouille vraiment), entre avril et novembre, notre première priorité consiste à bricoler le système de l’eau. Le jardin n’a pas de point d’eau, il se situe en colline sèche, la maison sur le terrain est raccordée au réseau de la ville.

Les ressources autonomes en eau du jardin sont :

  • L’eau de pluie : il y a beaucoup de surface en toiture pour récupérer l’eau, mais il ne pleut qu’en automne (normalement - mais qu’est devenue la normalité ?), parfois en hiver et plus ou moins au printemps. Rien en été, au moment où nous en avons le plus besoin. Nous ne pouvons pas beaucoup compter sur cette ressource. Nous souhaitons quand-même augmenter les capacités de récupération et de stockage. Une cuve agricole de 1000L a été mise en place temporairement. L’idée est de construire des cuves plus grandes. 

  • Les eaux grises de la maison sur le terrain, raccordée au réseau d’eau de ville. L’eau des lavabos et douches d’une famille de quatre personnes pourrait largement contribuer à bien arroser le jardin, et ce même en été. Nous voulons l’évacuer dans des cuves de phytoépuration, avant de se jeter dans une grande mare centrale. 


La terrasse basse du jardin,
sous le soleil de fin d'hiver.


La même terrasse,
sous la neige de cet automne.
















POURQUOI DES MARES ?


Le projet, commencé en 2016, est de creuser une mare pour chaque niveau de ce jardin - qui est en pente et composé de trois terrasses.

  • Cela permet de remplir partout son arrosoir sans avoir à monter et descendre.
  • C’est autant de volume de stockage des eaux que génère la maison par ses toitures et évacuations. Mais en plein air et donc soumises à l’évaporation, d’où l'importance de stocker de l’eau en cuve aussi pour renforcer l’approvisionnement. Cette évaporation est malgré tout recherchée pour contribuer à créer des microclimats qui rendront le lieu encore plus favorable à la vie. 
  • Et puis justement, surtout parce que les mares ça grouille de vie. C’est précieux dans un jardin “vivant”. Cela abreuve les insectes, les oiseaux et autres animaux. De nouvelles espèces animales et végétales viennent y habiter. 
Par jardin “vivant”, nous voulons dire que, bien sûr, tout est vivant, mais la végétation non touchée par l’homme est bien plus riche de formes de vies que lorsqu’on y intervient en coupant, élaguant, semant des monocultures, etc. Ce qu’on fait dans un jardin ornemental classique. Dans un jardin où l’objectif est que la vie s’accroisse de plus en plus, on cherche à cohabiter harmonieusement avec le végétal, les champignons, l’animal, le minéral…
Une des premières choses que l’on peut faire, c’est de laisser des espaces délimités où l’on n’intervient pas. On y laisse la végétation et toute autre forme de vie spontanée s’y installer. On laisse les herbes hautes. Cela peut être simplement de petits îlots au milieu d’une pelouse tondue et sur laquelle on circule par exemple (bon, la pelouse à l’anglaise, ici, on oublie !). Simplement en laissant les herbes hautes, on constate très rapidement une explosion de la vie : des nouvelles espèces végétales, animales… se succèdent.
Et lorsqu’il y a un point d’eau, c’est encore plus fou.


Insecte à la magnifique parure (Merci David, pour l'identification en commentaire !),
que nous avons rencontré au jardin,
en laissant pousser la flore spontanée,
en l'occurence des Knauties des champs,
ou Scabieuses des champs.


Par exemple, voyons ce qu’il s’est passé ici.
On a creusé en 2016, une petite mare de moins de 80 cm de profondeur (car on atteint très vite le rocher) sur la restanque, ou terrasse, la plus haute du jardin. On l’a remplie avec l’eau de pluie au printemps et très peu végétalisée par manque de temps à ce moment.
Premier été : la mare est remplie de larves de moustiques (voir un article rédigé pour La Graine Indocile sur quelques rôles des moustiques dans les écosystèmes), les insectes et oiseaux viennent s’y abreuver, on voit quelques libellules… Elle s’évapore beaucoup, il reste un peu d’eau et se remplit de nouveau avec les pluies d’automne. Au printemps, quelques grappes d’oeufs de grenouille sont accrochées au seul petit îlot formé dans la mare. Puis les grenouilles. L’été arrive : nous ne trouvons plus une seule larve de moustique. Que s’est-il passé ?
En à peine un an, sur un petit point d’eau stagnante, très pauvrement agrémenté, la vie a colonisé inévitablement. Quand nous avons vidé cette petite mare cet automne pour en refaire le revêtement (lire plus bas), avant de la laisser tranquille pour un bon moment, nous avons trouvé des dizaines de larves de libellule ! Comme d’autres animaux, celles-ci se sont bien nourries des cadeaux laissés par maman moustique. Les libellules peuvent vivre plusieurs années à l’état de larve selon les espèces avant de passer au stade aérien qui ne dure que quelques semaines. Ces larves sont de sacrées prédatrices d’autres larves, notamment celles de moustiques (lien du site DORIS pour des données et images sur ces larves de libellule). 
C’est pour cela que nous n’avons pas besoin d’introduire de poisson (dans l’idée qu’il nous épargnera les piqûres de moustiques). Les poissons ont besoin de beaucoup manger et, dans un petit volume, il n’y aurait plus beaucoup de vie, à part notre poisson de compagnie à nourrir... 

L'eau de la petite mare de la restanque haute
a même servi de piste de luge en janvier.


  • Et quand on cure la mare, pour éviter qu’elle ne se referme, on utilise tout cela pour fertiliser le jardin. 
  • Une mare c’est beau, rafraichissant, apaisant... 
...

Les buttes de culture que nous avons réalisées
parce que nous disposions de terre en creusant la mare.


ET L'ETANCHEITE ?


Depuis cet automne, deux des trois mares prévues sur l’ensemble du jardin sont réalisées.



Avant que tout ne commence sur la restanque centrale...

Puis...


La plus grande est celle de la restanque du milieu. Elle sera alimentée par la phytoépuration des eaux grises de la maison, qui se trouve plus haut. Cette mare fait près de 8 m de long et est en forme de 8. Nous voulions atteindre au moins 1 m de profondeur pour favoriser la vie dans les températures extrêmes. Nous avons réussi malgré le rocher. La première partie du 8, en forme d’escaliers est destinée à être végétalisée et devenir l’abri d’une multitude de faune et bactéries filtrant l’eau (déjà préfiltrée par les bacs de phytoépuration en amont). Le second cercle du 8, en communication avec le premier, sera destiné si possible à la baignade naturelle. Il est prévu d’oxygéner l’eau avec une petite pompe solaire.

Il a donc fallu creuser, et tout cela à la main, s’il vous plaît ! Et bien prendre les niveaux aussi, c’est important.











Merci à toutes celles et ceux qui ont filé un petit ou un gros coup de mains, en hiver-printemps 2017, on en oublie c’est sûr : les Guillaume, Chloé, Fabien, Alain, Marie, Muriel, Jean-Luc, Emilie, Romain, Camille, Lydie, Fabrice… Puis sont venus s’ajouter aux récidivistes pour le chantier béton de chaux en septembre - octobre : Nicolas, Didier, Christopher, Arnaud, Carole, Vincent, Laurie (merci pour le reportage photos qui permet d'illustrer cet article !), Florent, Virginie, Sébastien, Bernard… Grand merci ! 


Ensemble c'est mieux.


Puis s’est posée la question du revêtement. Parfois, il peut être bien de se poser cette question en premier : une fois creusée, la bâche plastique EPDM, revêtement le plus imperméable dont on peut disposer dans cette région sèche, et le plus rapide à poser, semblait en l'occurrence difficile à poser avec cette forme compliquée. Note pour plus tard : pour une bâche, creuser une forme simple, rond, ovale, carré, rectangle… mais un huit, non.

Nous avons d’abord fait un test à l’argile. La terre étant relativement argileuse, nous avons rempli un fond d’eau, puis sauté, dansé… en bottes avec les enfants. Avec le tassement, le fond d’eau s’est maintenu tout l’après midi, mais le lendemain matin il n’y avait plus rien. Le sol étant extrêmement drainé par les strates de roches, notamment sur les bords plutôt droits, il aurait fallu des couches et des couches d’argile, à refermer et relisser chaque fois qu’il y a évaporation et sécheresse… La technique à l’argile peut très bien fonctionner dans certaines régions, ici cela ne semble pas approprié.



Test en juin.


Nous voulions aussi qu’il y ait un échange entre les milieux (ce qui n’est pas le cas avec une bâche). Nous pouvions nous le permettre, étant prévu que la mare soit régulièrement alimentée par une phytoépuration des eaux d’une famille qui vit sur le lieu. L’eau en s’infiltrant dans le sol progressivement contribue à humidifier toute la zone et profite à tout l’environnement du jardin. Le challenge étant que le flux ne soit pas trop rapide afin de maintenir le niveau de la mare, surtout en été.

Nous avons finalement choisi la chaux, connue pour sa porosité (qui faisait respirer les murs des anciennes maisons). Et aussi parce que c’est beau, bien que très blanc ! Notre inspiration est venue des bassins romains qui se faisaient avec de la chaux : c’était plutôt une base de murs de pierres, enjointées et enduites à la chaux. Mais nous avions très peu d’informations sur les procédés, à part les informations générales que tout-un-chacun peut trouver sur la mise en oeuvre de la chaux. Nous testons donc, pour nous tous !





Devant les choix qui s’offraient à nous, nous avons opté pour des intrants, chaux et sable, qui ont un coût énergétique assez élevé. La chaux est produite à partir de pierres calcaires chauffées à 900°C. C’est un procédé de décarbonatation qui relâche du dioxyde de carbone. Les processus aujourd’hui industriels pour fournir ces matières sont très lourds et, à la grande échelle de notre minéralisation urbaine extrême, dégradent considérablement l’environnement, bien que le sable provienne des carrières du coin...
A notre niveau, nous avons fait ce choix en conscience, en espérant que l’amélioration écologique du lieu viendra rééquilibrer cette concession.





C’est un choix qui demande aussi bien plus de temps et de travail que la pose d’une bâche. Mais au vu des expériences de partage, d’amusement, de découverte... que nous avons vécues en chantier collectif, cela “valait le coup” !



















TECHNIQUES UTILISEES


Eh voilà, au boulot !

Nous avons utilisé de la chaux hydraulique, qui fait sa prise à l’eau (utilisée en extérieur) et continue lentement sa carbonatation à l’air, avec le dioxyde de carbone. Elle reste malléable suffisamment longtemps pour la retravailler, mais sèche plus vite que la chaux aérienne (en surface, car le séchage à coeur est un processus long avec la chaux, mais qui contribue paradoxalement à sa tenue dans le temps et à son adaptabilité aux mouvements). Elle est plus résistante à la compression car elle n’est pas pure et contient aussi des fines (particules d’argile notamment). Celle dont nous disposions chez le fournisseur de matériaux du coin est la moyenne : la NHL 3,5. 
A noter : beaucoup de sacs de chaux sont des mélanges avec du ciment. Nous voulions seulement de la chaux, pour les propriétés de la chaux. Dans ce cas, il faut choisir de la NHL 2, ou 3,5, ou 5, sans autre lettre ou symbole dans l’appellation. Pour notre chantier, il fallait au moins de la 3,5 pour la dureté voulue.


Méthode de calcul que nous avons utilisée pour la grande mare :

Nous avons calculé la surface de chaque partie du “huit” comme si c’était un rectangle, en multipliant la plus grande longueur par la plus grande largeur (et en mesurant ces distances à l’aide d’un fil qui épousait le fond de la mare, afin de tenir compte de la profondeur). Nous avons obtenu une surface que nous avons multiplié par la hauteur de matière à poser (voir plus bas, la recette utilisée).

C’était approximatif car c’est en pratiquant que nous nous sommes rendus compte de la quantité de matière utilisée ! Il était notamment difficile sans en avoir l’expérience d’anticiper les épaisseurs des couches successives. Nous avons eu de quoi faire la grande mare, et le surplus qui restait nous a servi à faire la petite mare du haut (qui était revêtue d’une bâche plastique de piscine de récup’). Ce premier calcul était juste pour le sable, il est resté de la chaux.


Petite mare sur rocher.


Au final, nous nous sommes servi pour les deux mares de 23 sacs de NHL de 35 kilos, et d’un peu plus de 4 tonnes 2 de sable (provenant de la carrière de Vaugines, en granulométrie 0/4). Les dimensions sont à venir voir en visite sur place, pour mieux se rendre compte.




La recette que nous avons testée :

Nous avons d’abord structuré toute la surface de la mare en tapissant avec du grillage à moutons (rouleau de galvanisé de 120 cm par 50 m pour la grande mare uniquement). Le conseil pourrait être de bien enchevêtrer les pièces du puzzle ensemble afin qu’il soit au maximum plaqué au sol. La difficulté est, dans les creux et surplombs, d’avoir le moins d’espace entre le grillage et le sol afin qu’il soit bien pris dans la première couche de mortier.




Nous avons fait ce revêtement en 3 couches.

La première couche (les 15 et 16 septembre 2017) : 
Le mélange que nous avons utilisé pour une bétonnière classique est de 5 seaux de sable (seaux de maçon de 11L) pour 2,5 de chaux (un demi sac coupé en deux, versé dans la bétonnière). Nous l’avons fait le plus solide possible afin d’avoir une bonne épaisseur et de prendre le grillage. Nous sommes arrivés à une épaisseur inférieure ou égale à 5 cm.
On a posé le mortier en balançant bien la matière pas trop liquide contre la terre, et de façon à ce que la structure en grillage soit prise. Nous n’avons pas cherché à resserrer la première couche qui a craquelé de partout en séchant. On l’a laissée sécher près d’un mois (nous étions aidés par la sécheresse de cet automne, bien qu’il y ait eu une petite pluie fine courte le premier jour, voir photo de l’abri de chantier). Constatation : en marchant dessus, c’est très solide, presque comme de la pierre, et cela va encore carbonater avec le temps. Nous n’avons donc pas besoin d’autant d’épaisseur de mortier que l’on pourrait imaginer pour la deuxième couche qui sera beaucoup plus fine que la première structurante, et dont l’utilité est essentiellement de venir combler les grosses fissures de la première.


Jeté de matière sur grillage et terre !


Tente de mare avec cannes de Provence, corde et fer à béton.

Première couche, les crevasses.





La deuxième couche (les 14 et 15 octobre 2017) : 
Deuxième couche avec du sable gris de la Durance
pour la petite mare.
Nous avons légèrement réduit le sable et fait cette fois un mélange de 4 seaux de sables pour 2,5 de chaux. Nous l’avons rendu légèrement plus liquide que pour la première couche, l’idée étant de combler toutes les fissures. Nous sommes arrivés à une épaisseur d’à peu près 1 cm, parfois moins. En séchant, cet enduit fait de toutes petites fissures, que nous avons surveillées et frotassées au chiffon trempé dans l’eau, à l’éponge, à la brosse, au balai…, pendant toute la durée du séchage, afin qu’il n’y ait quasiment plus de fissure visible à l’oeil nu. Le séchage est plus rapide que la première couche, l’épaisseur étant moindre.



La troisième couche (31 octobre 2017) :
Nous avons fait un badigeon, un “lait de chaux” : c’est un mélange d’eau et de chaux à parts égales, badigeonné au pinceau. Cela permet de combler toutes les micro-fissures restantes. Comme il n’y a pas de sable dans ce mélange, la matière ne se rétracte pas en séchant. Il n’y a plus une fissure ! Le bassin est blanc de blanc !




L’inconvénient de travailler avec la chaux c’est que la poudre est très volatile et c’est très corrosif, il faut bien se protéger avec des gants en plastique épais, pantalons, masque et lunettes lorsqu’on vide le sac dans la bétonnière. En revanche, c’est très agréable à travailler car très modelable, on peut y revenir plusieurs heures encore après la pose, et en même temps la chaux hydraulique sèche en surface relativement rapidement, ce qui permet de ne pas trop faire trainer les travaux en longueur. C’est un matériau plus “vivant” que le béton dans la mesure où cela carbonate avec le temps, et même si “ça bouge”, cela peut se resolidifier au contact de l’air.


E.P.I. en place.

















EXPÉRIMENTATION EN COURS


Premières observations avec la première pluie, quelques jours après le badigeon (vers le 5 novembre). L’eau est bien retenue. Le niveau baisse un petit peu en quelques jours, mais c’est très lent, mission accomplie !




Ces temps-ci, nous avons laissé le peu d’eau qu’il y a. Il n’y a pas vraiment encore de microclimat favorable car la végétation n’est pas installée (nous planterons au printemps). Au-dessus du niveau d’eau qui gèle pour toutes ces raisons, le badigeon a tendance à craqueler. Cela pose des problèmes d’étanchéité : l'eau est maintenue mais ne remonte pas, avec les récentes pluies, au-dessus de cette zone de craquelage qui se trouve à fleur du niveau initial de l'eau. Il aurait semble-t-il fallu que nous vidions le bassin tant qu'il n’est pas maintenu rempli et bien végétalisé. Nous allons donc le vider totalement, le maintenir à sec, repasser un rapide coup de badigeon. Nous le mettrons en eau quand nous pourrons maintenir le niveau d’eau (système de phytoépuration relié), lorsqu’il ne gèlera plus et que nous pourrons introduire des plantes.




Pour pleins de raisons, notre timing a été celui-ci, mais pour éviter ces inconvénients, peut-être que le mieux est de faire ce genre de chantier après les dernières pluies de printemps et avant les grosses chaleurs de l’été (si de telles transitions existent encore), pour que cela sèche bien et pouvoir remplir et végétaliser rapidement.

Le prochain objectif d’ici la fin 2017 - début 2018 est d’installer la tuyauterie de la phytoépuration des eaux grises de la maison de Camille et Guillaume. Cela permettra de mettre en place les bacs de phytoépuration au printemps, de relier le système à la mare pour l’alimenter, et de végétaliser. Il y aura un chantier petit pont à faire aussi !

Voici nos retours d’expérience pour le moment. A suivre...
L'aventure continue !

-> Pour une suite, en mars 2019 : https://ciel-ou-vert.blogspot.com/2019/03/point-mare.html.


Nouveaux conseils de septembre 2020 :

Le grillage sert à structurer le béton, comme le font les fers à béton dans le béton classique, pour que l'ensemble se tienne.

Nous vous conseillons d'ajouter au mélange quelque chose de structurant en plus, comme les graviers dans le béton classique. On peut mettre de la pouzzolane si l'on veut essayer d'imiter le béton romain puisqu'ils se servaient soit de pierres volcaniques, soit de tuileau (des tuiles en terre concassées). Mais on peut imaginer un matériau que l'on trouve à proximité.

Autre conseil : il faut maintenir le niveau d'eau et surtout au moment de la prise. La chaux hydraulique fait sa prise à l'eau. Une fois que le dernier enduit a commencé à bien sécher en surface, il convient de remplir la mare jusqu'au trop-plein et de maintenir ce niveau.

L'idéal est d'avoir le moins de bords possible car les parties qui alternent le contact avec l'air et l'eau ont tendance à se craqueler. Il est possible de protéger les bords avec des pierres.



vendredi 29 avril 2016

Aménagement de zones de compostage en place au jardin


Au Jardin Mire, nous avons un composteur classique. Il nous est bien utile pour déposer et recycler tous les "déchets" (entendre "aliments") organiques qui ne vont pas aux poules. Mais il y a des inconvénients à cette méthode.

D'abord, cela induit une perte énorme d'énergie, énergie qui ne profite pas aux zones de culture, mais qui profite bien aux salades sauvages de la zone de compostage.

D'autre part, la décomposition est assez longue, il n'y a pas suffisamment de déchets, il manque un second composteur pour que la décomposition soit optimale dans le premier...


Composteur fourni par la communauté de communes
en charge de la gestion des déchets.
Petites surprises au jardin :
les orchis du tout début de printemps qui aiment visiblement s'épanouir le long du chemin de passage, à moins qu'ils n'aiment la compagnie des champignons qui eux font sciemment (oui !) surface près des voies de passage...



Première réflexion faite, une autre  problématique s'est imposée pour la saison au potager qui arrive. Certains légumes comme les courges poussent bien avec un bon apport de compost (beaucoup connaissent les courges qui courent autour du compost). Or nous manquons de compost immédiatement disponible servant à préparer les zones de culture de ces légumes, pour les raisons initialement évoquées. Le compost du composteur est toujours en cours de compostage puisqu'on ajoute sans cesse de nouveau détritus, la couche du dessous diminue dans le même temps sans qu'on puisse pleinement en profiter... Ce système manque d'efficacité.

(A noter que pour avoir un compost adéquat pour les zones de culture, il faut 2 parts de carbone pour 1 part d'azote, donc beaucoup de "déchets" - ou plutôt ressources - de type bois sec, brindilles, paille, papiers, cartons non traités, feuilles mortes... Les épluchures de cuisine étant plutôt azotées. Et nous manquions de ces ressources cette année.)


Petit aperçu de la jungle de tomates.
Ces rudérales sont moins nécessiteuses en apport de fertilisation.
(Attend-on mi-mai par sécurité pour les mettre en place ?)


Troisième souci, la sécheresse. Le temps est déjà extrêmement sec, même en ce mois d'avril, il y a eu peu de précipitations et le vent de ces derniers jours accentue le phénomène. C'est très dur pour les semis en pleine terre, zones, qui du fait même du semis, ne peuvent être trop paillées et ne sont donc pas préservées de l'évaporation comme on pourrait le faire avec un bon paillage de 30 cm d'épaisseur. D'autant que la terre d'ici n'est pas encore suffisamment "restaurée" pour retenir un peu l'eau. Ajoutons à cela que cette terre manque, dans la plupart des zones, d'azote, ne serait-ce qu'à en juger par toutes les légumineuses qui poussent spontanément ici pour lui en donner un peu.



Alors, en attendant l'agradation progressive de ce sol par tout un tas de méthodes, que l'on pourra exposer au fur et à mesure, en attendant la pousse des arbres salvateurs, etc., la solution du compostage en place paraît bien adaptée à la résolution de ces problématiques.



L'idée est simple. Il s'agit de composter les déchets organiques en tas directement dans la zone de culture. Le mieux étant de prévoir un îlot de compostage au milieu de la zone histoire que toute la zone en profite. Par exemple, dans des carrés potagers, on consacre le carré du milieu au compostage. Dans une butte ou une planche, on prévoit un petit îlot au centre.






Ici, par exemple, sur la butte, au premier plan, faite avec la terre qui provient du creusage de la future mare en contrebas, on a donc délimité un petit cercle avec des pierres, puis déposé une bonne dose de déchets à composter, puis recouvert de paille et bien arrosé pour humidifier en profondeur et faire tenir la paille en place.


Avec la paille,
toute bébête ayant besoin d'un toit pour vivre.



Les avantages sont multiples et répondent aux problématiques de départ.

Pas de perte d'énergie, les bébêtes travaillent au milieu de ce qui pousse. Donc une énergie immédiatement disponible pour la fertilisation de la zone.

Un taux d'humidité augmenté et naturellement fourni, aidant à combattre la sécheresse.

Une zone qui devrait plaire aux cucurbitacées plantées à proximité.



A noter que l'on peut aussi faire tout simplement du compostage de surface, et non en tas, immédiatement sous le paillage, mais cela ne vaut pas, encore une fois, pour les semis de pleine terre qui souffrent dans les zones arides aux sols maltraités !



Quand les zones de culture ne sont pas déjà aménagées, on peut même carrément intégrer cette méthode initialement dans son "design". C'est ainsi qu'on peut par exemple imaginer de concevoir toute forme de buttes de culture qui intègrent au centre un composteur avec un accès facilité. C'est par exemple le concept imaginé des "keyhole gardens", le design en "trou de serrure". On trouve beaucoup de documentation sur Internet à ce sujet (images).



A ce propos, il sera prochainement mis en ligne sur ce site une petite médiathèque virtuelle pour accéder à des ressources sélectionnées du web, intéressantes pour se forger une vision permaculturelle des systèmes. En attendant, un premier recensement de liens fait ici.


Tipi-cabane à haricots bientôt !


Bon jardinage les ami-e-s !