samedi 30 novembre 2019


Il n'y a quasiment plus d'agriculteurs et d'agricultrices à Pertuis ? Posez-vous la question des vraies raisons à cela.
Donc la logique voudrait qu'on bétonne les terres agricoles et fertiles ? - déjà de plus en plus réduites dans notre région...
Sauver le potentiel nourricier de ces terres, c'est maintenant. Ce n'est pas après le béton.
Nous dénonçons cette attitude dangereuse qui est de coloniser des "terres en friche" parce que c'est facile, que cela ne coûte pas cher et qu'on en tirera quelque chose. Qu'est-ce qu'on finira par en tirer quand tout sera bétonné, infertile, désertifié ?
Les terres doivent pouvoir jouer leur rôle de terre, accueillir la vie, l'eau, l'ombre, toute la richesse que l'on trouve dans la nature.
L'apparat est trompeur, nous avons besoin de beauté réelle, pas clinquante, et pas hideuse comme ces bâtiments et parkings de zones d'activités que l'on voit pousser partout.

Page du collectif Terres Vives : https://www.facebook.com/terresvivespertuis/


vendredi 29 novembre 2019

Manifestation le 14 décembre à Pertuis pour sauver des terres


MESSAGE IMPORTANT A DIFFUSER LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE : 
MANIF DU 14 DECEMBRE A PERTUIS 

Ce lundi 2 décembre s'ouvre à Pertuis une enquête publique en réserve foncière de la zone d'activités économiques sur le territoire de la commune, enquête ouverte au service de l'urbanisme (dans la zone) jusqu'au jeudi 2 janvier 2020.

TOUT LE MONDE a intérêt à participer à cette enquête. Même si on n'habite pas Pertuis (on peut écrire). Il s'agit d'intérêt général face à la volonté des pouvoirs publics de bétonner encore 80 ha de terres agricoles dans cette plaine alluviale, en extension de la zone d'activités déjà existante et étendue. Zone qui est sans cesse inondée au cours des épisodes de fortes pluies, comme ceux que l'on vient de connaître, et ceux à venir au gré des modifications brutales du climat.

Aucune réponse claire sur les projets qui justifieraient un tel bétonnage de terres - qui devraient pourtant continuer à jouer leur rôle écologique (biodiversité, absorption de l'eau, fraicheur...) - n'est pour l'instant apportée. L'enquête nous en dira-t-elle plus ? 
En revanche, on sait que de nombreuses personnes sont concernées par une procédure d'expropriation à l'issue de l'enquête, expropriation de terres qu'elles habitent et auxquelles elles sont attachées, et qui n'ont pas d'autre endroit où habiter.

Un collectif de citoyens s'est formé, en réponse à cette situation, le collectif TERRES VIVES, et se mobilise pour informer les personnes et répondre à cette enquête et aux pouvoirs publics, motivé par l'intérêt des habitants, de la planète, des enfants.
 
Nous organisons une MANIFESTATION LE SAMEDI 14 DECEMBRE 2019 A 9H30 A PERTUIS (départ rond-point du Mc Do dans la zone), pour rendre cette situation visible et faire cesser ce projet insensé. 

FAITES-LE SAVOIR AUTOUR DE VOUS ET PARTICIPEZ, un tract d'information à diffuser sera bientôt disponible.

Pour contacter le collectif, et/ou y participer : terresvivespertuis@protonmail.com

Reportage de France 3, à propos du projet à Pertuis, sur le site de France Nature Environnement (FNE) Bouches-du-Rhône : https://www.fne13.fr/2019/10/04/sauvons-nos-terres-agricoles-2/

La FNE 13 est également mobilisée, relativement à ce projet, qui figure dans son Répertoire des terres agricoles menacées (pour Pertuis, voir p.61) : https://www.fne13.fr/wp-content/uploads/2019/09/bat-brochure_terres-agricoles-en-danger_80p_web-1.pdf


samedi 12 octobre 2019

Conférence foisonnante


Conférence de Vincent Verzat, de Partager c'est sympa, à écouter, vraiment ❤️... Il faudrait organiser des projections.

Bribes :

"Il faut qu'on soit notre auto-système de référencement par rapport à la nécessité d'agir. Et qu'on puise du soutien dans une plus grande partie de la population." (...) "Un réseau de soutien plus fort que la peur qu'ils vont essayer de mettre en nous." ;

"Il y a des gens qui se retirent volontairement de l'emploi et qui construisent patiemment un rôle dans la société qui ne soit pas employable (...), qui ne va pas être acheté." ;

"On nous a au confort -> impliquer le sens. (...) Questionner ce confort."

Et plein, plein de trucs !




vendredi 4 octobre 2019

Rencontre


Une graine de tomate dans les épluchures. Une bétonnière qui n'a plus de moteur, qui abrite de la terre et du sable. Une rencontre. Nouvelles vies.

Ce magnifique pied donne au moins une vingtaine de fruits de tailles différentes qui mûrissent en ce moment.

Le minimum d'actions. Le hasard des rencontres. Les alchimies.




Au début de la séquence, on voit le pêcher qui a donné ses premières petites pêches très odorantes et bonnes. Belle des Croix Rouges.
(Je remarque que la consoude s'était très bien développée à son pied).





samedi 28 septembre 2019

Interlude

(Par Camille)

Cette actualité sur l'extraordinaire récente ascension des milliardaires français (voir plus bas) me fournit l'élan de donner ce petit interlude, d'abord sur le mot "démocratie".

Ce mot est tout le temps scandé, et la plupart du temps assimilé au droit de voter (alors que des élections sont régulièrement organisées dans les dictatures, soit dit en passant).

Sur le vote de 2017, me viennent ces mots de Jacques Rancière, en avril 2017 : « Choisir l'escroc pour éviter le facho, c'est mériter l'un et l'autre. Et se préparer à avoir les deux. »
(Et le début de son propos : "La solution est de lutter contre le système qui produit les Marine Le Pen, non de croire qu'on peut sauver la démocratie en votant pour le premier corrompu venu.")

Si Emmanuel Macron ramène en ce moment sur le devant de la scène "la question de l'immigration" (qui est censée torturer le peuple français... pour peu qu'on le pousse un peu dans cette direction...), c'est parce qu'il est en train de désigner son adversaire pour la prochaine présidentielle.
Parce qu'en étant le candidat désigné contre le RN au deuxième tour (ayant éliminé au passage la gauche et la droite "officielles"), il maximise complètement ses chances de remporter cette élection. Et il y a toutes les chances - pour l'instant - que cela se passe ainsi.
D'autant qu'il a la main aujourd'hui sur la police et les médias de masse.
Mais, si par extraordinaire, il ne gagnait pas cette mascarade de second tour, les pouvoirs de l'argent sont tout à fait prêts à travailler de concert avec l'extrême droite officielle, comme c'est le cas dans beaucoup de pays aujourd'hui.

Alors quand les élections sont à ce point pré-organisées, il faut peut-être repréciser que la "démocratie", ce n'est pas seulement le droit pour le peuple de parler, de dire ce qu'il veut du moment qu'on ne l'entende pas trop fort, ni de voter une fois de temps en temps dans des élections jouées d'avance, mais c'est le droit pour le peuple de décider concrètement.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui en France.
D'où ce qui a lieu aujourd'hui où une contestation, seul moyen restant de faire valoir sa "voix" dans cette configuration institutionnelle, est écrasée par la répression. Et les gens résistent et inventent des nouvelles formes d'agir politiquement pour avoir le droit de "cité", et retrouver une puissance d'influer sur les choses de ce monde.

Deuxième note de l'interlude : sur le mot "capitalisme".
"Le moins pire des systèmes". Ce n'est plus possible d'entendre cette expression. Ce n'est plus possible d'écouter les émissions d'actualités sur les grandes chaînes de télé et radio, qui relaient sempiternellement ce dogme. 
Demandez aux arbres et aux animaux des forêts qui brûlent si c'est "le moins pire" des systèmes. Demandez-le aux humains qui crèvent à l'extraction de matière. Et à ceux qui se font assassiner ou déporter pour récupérer les terres qu'ils habitent. Terres dont on pourra extraire des dollars.

Alors qu'est-ce qui fait dire aux privilégiés occidentaux que c'est "le moins pire" des systèmes ? Essentiellement la peur justement de perdre leurs privilèges (basés sur la colonisation de ces terres). 
En fait, la peur de perdre un certain confort "acquis" (entre deux burn-out au travail et un cancer à la retraite !).
Mais, même avec tout le déni qu'on peut mobiliser, cette conception du "confort" technologique et de celui des réseaux ne va pas durer.
Faire face à la réalité c'est ce qui attend tout le monde aujourd'hui.

L'envie maintenant de paraphraser Derrick Jensen : on entend souvent les politiques dire qu'on ne peut pas se passer d'électricité, (alors que 2 milliards d'habitants de la planète vivent de cette façon et que les humains se sont débrouillés sans jusque dans les années 20) ; mais on n'entend aucun "responsable" dire : on ne peut pas se passer des baleines, on ne peut imaginer vivre sans ours polaires, sans océans vivants...

Le monde n'est pas un gâteau d'argent à se partager. Le monde est vivant. Et nous aussi. C'est la même chose. Il faut se réveiller.




mardi 24 septembre 2019

Se nourrir localement, parlons-en !


Du 3 au 19 octobre 2019, c'est Vivant !, la quinzaine de l'alimentation en Durance - Sud-Luberon, initiée par Au Maquis et co-organisée par de multiples associations et partenaires - voir le communiqué et tous les évènements : https://aumaquis.org/communique-de-presse.



A cette occasion, les associations Ciel-ou-vert et Elémenterre vous proposent d'animer un rendez-vous le mardi 8 octobre à 19h au Café-resto associatif de Pertuis, O petits Bonheurs, 100 place Jean Jaurès :

SE NOURRIR LOCALEMENT, PARLONS-EN !



Imaginons ensemble comment le territoire Sud-Luberon pourrait nous nourrir demain.
Une réunion d'échanges entre citoyens pour réfléchir ensemble à nos stratégies pour s’alimenter localement et de qualité en Luberon-Durance.

Evènement gratuit, ouvert à tou.te.s.

Ciel-ou-vert : https://ciel-ou-vert.blogspot.com
Elémenterre : http://elementerre-paca.org
O petits Bonheurs : http://o-petits-bonheurs.fr

vendredi 6 septembre 2019

Ouvrir son jardin



QUELQUES PROPOSITIONS DE LECTURES POUR "OUVRIR SON JARDIN"...


Ce sont des livres de réappropriation... 
de nous-même,
du monde que nous habitons du-dedans, à même la terre que nous foulons,
de la relation,
de notre "pouvoir"...
Il n'y a volontairement pas de livres de jardinage pratique ni d'ouvrages sur l'autonomie ou la permaculture, il y en a tellement de bien, et déjà recensés ailleurs :)
Ce sont des livres à lire et relire et relire, ils accompagnent à chaque fois notre regard renouvelé dans ce monde protéiforme et toujours en mouvement, ils infusent au gré de l'expérience éprouvée.



Photo de goupe !






Abram, David, Comment la terre s'est tue, Pour une écologie des sens, Les Empêcheurs de Penser en Rond, La Découverte (The spell of the sensuous, paru en 1996) : philosophe - prestidigitateur : comment s'est-on abstrait du monde sensible. Une phrase (en fin d'ouvrage) : "Planter les mots, comme des graines, sous les rochers et les arbres tombés au sol - permettre au langage de prendre racine, à nouveau, dans le silence de la terre, de l'ombre, de l'os et de la feuille."





Clément, Gilles, Où en est l'herbe ?, Réflexions sur le Jardin Planétaire, Textes présentés par Louisa Jones, Actes Sud, 2006 : recueil de plusieurs textes de ce jardinier - paysagiste - écrivain - artiste... qui a construit sa maison dans la Creuse. Un court extrait de La friche apprivoisée (1985) : "Ce qui est dit dans la friche résume toute la problématique du jardin ou du paysage : le mouvement. Ignorer ce mouvement, c'est non seulement considérer la plante comme un objet fini mais c'est aussi l'isoler historiquement et biologiquement du contexte qui la fait exister. Cela conduit fatalement à une utilisation plastique de type "alibi". Le temps ronge les alibis : il y a comme ça des pans de murs et des alignements d'arbres accrochés au paysage de manière un peu désespérée, juste pour alerter une mémoire, interroger une émotion, solliciter une nostalgie. J'aime les friches parce qu'elles ne se réfèrent à rien qui périsse. En son lit, les espèces s'adonnent à l'invention. La promenade en friche est une perpétuelle remise en question car tout y est fait pour que soient déjouées les plus aventureuses spéculations."





Deru, Pascal, 64 Jeux d'écoute, de confiance et de coopération, Le Souffle d'Or, 2018 : Cela commence ainsi : "Dans le mot animateur, il y a le mot latin animare : donner de la vie - mais aussi le mot anima : souffle vital, âme. Qui serais-je dans mon métier si l'invitation à jouer ne menait pas les femmes et les hommes dont je suis responsable à grandir en confiance, en écoute mutuelle, en tendresse ? Faire jouer est une mission pleine de sens."





Fukuoka, Masanobu, La révolution d'un seul brin de paille, Une introduction à l'agriculture sauvage, Guy Trédaniel Editeur (The one straw revolution, an introduction to natural farming, paru en 1978) : le témoignage très singulier d'un agriculteur - philosophe japonais qui a beaucoup partagé son expérience, et sa méthode d'agriculture du "non-agir", d'inspiration taoïste. Un paragraphe en fin d'ouvrage : "Les autres animaux combattent mais ne font pas la guerre. Si l'on dit que faire la guerre, qui repose sur les idées de fort et faible, est un "privilège" spécial de l'humanité, la vie est alors une farce. Ne pas savoir que cette farce est une farce - là git la tragédie humaine."





Krishnamurti, Jiddu, Le livre de la méditation et de la vie, recueil avec un texte par jour de l'année sur la plupart des thèmes abordés par Krishnamurti ; Mettre fin au conflit, pour lire une série complète de causeries qui ont eu lieu en 1947. Une phrase : "Essayez-le, faites-en l'expérience et vous verrez combien cela est extraordinaire, combien extraordinaire est la qualité créatrice de la compréhension de ce qui est."





Lenoir, Eric, Petit traité du jardin punk, Apprendre à désapprendre, Terre vivante, 2018 : paysagiste - pépiniériste qui fait des chouettes photos. C'est réjouissant ce genre de partage de petites idées : "Parfois, la transgression peut aussi prendre la forme de la protection : un magnifique massif de fleurs sauvages pousse dans le fossé devant chez vous et risque de passer sous l'épareuse d'ici peu ? Rendez-le inaccessible en le protégeant par des roches, des piquets ou, plus malicieusement, nettoyez ses alentours pour dissuader l'employé de la voirie d'y voir une nuisance."





Macé, Marielle, Nos cabanes, Verdier, 2019 : "La terre se fait entendre, le parlement des vivants demande aujourd'hui à être élargi. Elargi à d'autres voix, d'autres intelligences, d'autres façons de s'y prendre pour vivre ; élargi bien sûr à des modernités non occidentales ou à d'autres résistances à la modernité (...) ; mais élargi aussi aux bêtes, aux océans, aux pierres, qui ne parlent pas mais qui n'en pensent pas moins." (et contient plein de références bibliographiques pour continuer à lire...)





Macy, Joanna ; Brown, Molly Young, Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre, Le Souffle d'Or (Coming back to life, Practices to reconnect our lives, our world, paru en 1998) : exercices pratiques qui favorisent l'émergence, pour travailler en groupe sur le désespoir et la réappropriation de son pouvoir (Despair and Empowerment), devenu "le travail qui relie" (the work that reconnects) : "Nous n'avons pas besoin de réprimander les gens, ni de les manipuler pour qu'ils ressentent ce que nous pensons qu'ils "devraient" ressentir, s'ils avaient plus de moralité ou de grandeur d'âme. Simplement, nous nous aidons mutuellement à découvrir ce qui est déjà là. Seule l'honnêteté est nécessaire."






McCurdy, Robina, Faire ensemble, Outils Participatifs pour le Collectif, Passerelle Eco, 2013 : "Faciliter", "Mandala holistique", "Biorégion"... Des concepts qui ne sont que des outils pour nous aider à faire ensemble - cette condition incontournable -, de façon très pratique. Extrait choisi : "C'est cet apprentissage intime qui rend le lieu perceptible dans la culture, la culture anthropologique cédant ainsi la place à une culture synesthésique. S'approprier une biorégion implique d'être sur place pour apprendre du territoire, y être chez soi, en assumer la responsabilité et bien le traiter. C'est un facteur essentiel d'une société soutenable."





Rosenberg, Marshall B., Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Initiation à la Communication NonViolente, La Découverte, paru initialement en 1999 (NonViolent Communication : A language of Life) : "Je me contentais de recevoir ses paroles, non comme des attaques, mais comme un don de l'un de mes semblables qui cherchait à me faire partager ses rancoeurs et son profond sentiment de vulnérabilité. Une fois qu'il se sentit compris, il fut à même de m'écouter tandis que j'exposai les raisons de ma visite au camp."





Starhawk, Rêver l'obscur, Femmes, magie et politique, Cambourakis (Dreaming the dark, Magic, sex and politics, paru en 1982) : sorcière active qui a bien pointé la culture de la domination et de la mise à distance contre l'immanence ; le "pouvoir-sur" vs. le "pouvoir-du-dedans", "People often ask me if I believe in the Goddess. I reply, "do you believe in Rock ?" (...) We do not believe in the Goddess, we connect with Her" (in The Spiral Dance). Une phrase du livre, pendant le blocus de la centrale nucléaire de Diablo Canyon, les femmes arrêtées sont détenues dans le vieux gymnase de California Men's Colony - une prison : "Mais nous dansons, car après tout c'est ce pour quoi nous nous battons : pour que continuent, pour que l'emportent cette vie, ces corps, ces seins, ces ventres, cette odeur de la chair, cette joie, cette liberté."





Thich Nhat Hanh, Semer les graines du bonheur dans le coeur des enfants, Initiation ludique à la pleine conscience, Le courrier du livre (Planting seeds. Practicing Mindfulness with children, paru en 2011) : exercices pratiques pour s'inspirer. Extrait : "Traîner avec un enfant, c'est tout simplement être avec un enfant. C'est laisser l'enfant nous révéler qui il est : comment il parle, comment il se déplace dans l'espace, à quoi il veut jouer ; c'est découvrir sa voix, son sourire, son visage avec toutes ses expressions, ses rêves, son être tout entier."





Thoreau, Henry David, Walden, Le mot et le reste (publié initialement en 1854) : "Le prix d'une chose, c'est la quantité de ce que j'appellerai vie qu'on doit donner en échange, sur-le-champ ou plus tard." ; "C'est seulement lorsque nous sommes perdus, autrement dit lorsque nous avons perdu le monde, que nous commençons à nous trouver, et à comprendre où nous sommes, ainsi que l'étendue infinie des liens qui nous y rattachent."





Tolle, Eckhart, Le pouvoir du moment présent (The power of now, paru en 1999) ; Nouvelle Terre (A New Earth, paru en 2005) ; L'art du calme intérieur (Stillness speaks, paru en 2003) : "L'ennui, la colère, la tristesse ou la peur ne sont pas "à vous" ; ils n'ont rien de personnel. Ce sont des états d'esprit. Ils vont et viennent. Rien de ce qui va et vient n'est vous. "Je m'ennuie." Qui sait cela ? "Je suis en colère, je suis triste, j'ai peur." Qui sait cela ? Vous êtes le fait de connaître et non l'état connu." ; "Le temps est la dimension horizontale de la vie, la couche de surface de la réalité. Mais il y a la dimension verticale de la profondeur, qui vous est accessible seulement par la porte du moment présent." ; "Dans cet état de présence, votre mental est libre de tout concept, y compris celui de la non-violence. Alors, qui peut prévoir ce que vous ferez ?"





Tsing, Anna, Le champignon de la fin du monde, Sur la possibilité de vivre dans les ruines du capitalisme, Les Empêcheurs de Penser en Rond, La Découverte (The mushroom at the end of the world : On the possibility of life in capitalist ruins, paru en 2015) : sociologue - cueilleuse de champignons, en fin d'ouvrage : "C'étaient les communs latents faits de mauvaises herbes, les "lieux vacants" qui hantent les histoires de progrès et qui sont si souvent perçus comme dénués de valeur. Mais, pour nous, ils regorgeaient d'intérêt. Nous nous sommes gavés de baies que nous offraient les ronces et sommes partis en quête de petits champignons. Nous avons suivi la piste des chèvres et examiné les fleurs. Elle expliquait ce qu'était chaque chose et comment les gens les utilisaient. C'était ce type même de curiosité que Tanaka-san voulait développer chez les enfants de sa ville. Les vies multispécifiques en dépendaient. Sans plus d'histoires de progrès auxquelles se raccrocher, le monde est devenu un endroit terrifiant. Ce qui est ruiné nous reproche l'horreur de son abandon. On ne sait pas trop comment continuer à vivre et encore moins comment éviter la destruction planétaire. Heureusement, on trouve encore des alliés, humains et non humains. On peut encore explorer les bords broussailleux de nos pays désolés, qui sont autant les bords de la discipline capitaliste, de la scalabilité et de plantations abandonnées. On peut encore capter la senteur des communs latents et cet arôme d'automne insaisissable."





Vidalou, Jean-Baptiste, Être Forêts, Habiter des territoires en lutte, Zones, La Découverte, 2017 : philosophe - bâtisseur en pierres sèches : un monde dessiné depuis en haut vs. habiter un territoire, en fin d'ouvrage : "Entre connaître et être de connivence, il y a tout l'écart entre un savoir universel sur le monde, réparti d'avance, foncièrement homogène, et des liens qui s'agencent, à même la rencontre, à même les usages, révélant une plurailté toujours hétérogène. Le propre de la connivence est de ne pas s'extraire du monde. Au lieu d'objectiver le rapport, elle le replie sur lui-même et le rend intime, complice, immanent. Entre les lieux, entre les êtres, les usages, les bêtes, les plantes, le paysage. Marcher en forêt, y couper du bois de chauffage (...), de construction ou d'ébénisterie, trouver les arbres d'une future charpente, glaner des branches mortes, ramasser les champignons ou les châtaignes, chasser, cueillir des plantes, transformer en pleine ville une friche en un jardin-forêt, ou une jungle dans un jardin ouvrier, construire des cabanes, y tenir réunion, se battre avec elle, la faire surgir au coeur de la métropole, être forêts... Cela s'éprouve, cela s'éprouve sensiblement, sur un mode tel que la vie ne peut plus être séparée des êtres et des choses, et y acquiert ainsi une toute autre consistance. "Je" ne suis qu'à travers le "monde" qui m'affecte, et réciproquement."





Zürcher, Ernst, Les arbres entre visible et invisible, Actes Sud, 2016 : en début d'ouvrage : "L'arbre, géant de l'espace et du temps, enraciné dans le ciel et dans la terre, mémoire des siècles et source de vie, ami de toujours, attend... que l'homme s'arrête, qu'il le regarde et qu'il lui dise : "Continuons ensemble !".