samedi 6 avril 2019

Rendez-vous de printemps


Le samedi 27 avril, il est prévu de se réunir pour l'association Ciel-ou-vert, à 16h30 au Jardin Mire. L'idée est de faire un point sur les volontés et les disponibilités vis-à-vis de cet outil qu'est cette asso. Nous vous attendons pour ce rendez-vous, faites-nous signe.

En parallèle, nous diffusons un message de Camille, membre du collectif d'action de l'association. Message que vous pouvez diffuser à votre tour si vous le souhaitez, en lien avec les articles récemment publiés sur le site de Ciel-ou-vert (là et là), et le mot "politique", pas au sens partisan, ni de mot d'ordre, de bannière ou de programme..., mais au sens initial de l'organisation de la vie de la cité, puisqu'en ce sens, les associations sont actrices du politique, de la vie ensemble :


APEROS DEHORS

Comment en est-on arrivé là ?
Comment en est-on arrivé à ne plus se parler, ne plus se sourire, ne plus rigoler... sans l'ombre des sujets qui fâchent, à éviter ? Comment peut-on être si distants les uns des autres, tout en sauvant les apparences ?
Chacun chez soi, chacun pour soi. Nous souffrons beaucoup de cela.

Alors je vais être très claire : je ne veux plus de ce système oligarchique, confiscatoire, qui aboutit à nier la plupart des gens (sans même parler des autres espèces et éléments).
Nul besoin là d'expliciter, les deux liens ci-dessous donnent déjà matière à comprendre (et il y a les milliers d'autres informations auxquelles on a accès par soi-même, en ayant recours à son propre discernement. Pas la soupe prémachée servie sur un plateau).

Partant de ce refus net, comment créer autre chose pour vivre ensemble ?
Il est aussi clair que je n'en sais rien. Mais des éléments de début de quelque chose me viennent aujourd'hui.

Je partage d'abord cet entretien pour Ballast avec le philosophe Jean-Paul Jouary qui me semble poser la question politique ici et maintenant de façon limpide : https://www.revue-ballast.fr/jean-paul-jouary-de-tout-temps-les-democrates-ont-refuse-le-suffrage-universel/.

- Après la confiscation (du pouvoir, et la captation des communs),
- après la séparation des uns et des autres,
- après la disqualification de toute opposition à ce système (avec une série de mots en -isme),
- après - aujourd'hui c'est visible comme un coquelicot échappé dans un champ de blé - la répression de toute forme de contestation ou mouvement social ("quartiers populaires", sans-papiers et solidaires, supporters de foot, "zadistes", militants tout court, militants écologistes, altermondialistes, lanceurs d'alerte, gilets jaunes... - et maintenant les street medics, les reporters...),
- après, en somme, la destruction massive du politique chez les gens, tout en pouvant se revendiquer dans le monde officiel comme "démocratie", "état de droit",
on en vient à reposer les bases.

Je cite J-P Jouary :
"La construction de réflexions et de décisions collectives par la parole est non seulement le cœur du politique, mais c’est la construction même du peuple citoyen, le passage d’une somme d’individus à un ensemble plus cohérents de citoyens."

Un premier élément de réponse pour passer du je au nous : se parler, échanger des paroles.

Un autre élément de réponse, François Ruffin nous le pose comme ça, au détour d'une rencontre filmée à Strasbourg (je ne soutiens aucun parti politique, je n'ai pas de mentor, mais je suis attentive à l'humanité quand elle s'expose sans voile) : https://www.facebook.com/FrancoisRuffin80/videos/1926753194096968/.

 

Tous les témoignages de ce moment disent une vérité à laquelle être attentif, mais si on veut faire court, à partir de 15'20 (ça vaut le coup à écouter-voir) :

"Il y a une autre chose qui gargouille dans les ventres. (...)
"Les coups de matraques sont donnés à tous les gens pour leur dire : ne sortez pas de chez vous. (...)
(22'10)
"Je ne pense pas qu'il y ait la nécessité forcément d'une convergence. Mais par contre je pense qu'on peut être synchrones, sans qu'il y ait forcément de convergence.
(...)
"Il y a un moment à jouer. (...)
(24'20)
(Citant un proche du président, dans le Parisien :) ""Je ne vois pas comment on sort de ça. Avec les beaux jours, les GJ vont revenir et installer des barbecues sur les ronds-points." Voilà le chemin ! Le chemin nous est donné par le Parisien (...), il suffit de faire des apéros FB sur les ronds-points du pays, y a pas plus fédérateur, et je pense que comme ça, en effet, ce printemps on peut mettre une énergie nouvelle." - "Barbecues vegan !" (on entend dans les personnes présentes) - "Aubergines grillées !" - "Même avec les barbecues on est divisés du coup" (:D :D :D...)
(...)
"Il y a pas 36 solutions les copains (...), l'énergie elle va pas rester dans la salle de cinéma ce printemps, elle doit sortir."

C'est ça : sortir, faire des apéros, se parler, rire, pleurer, reprendre contact, la vie... Pas une fausse image, bien sous tout rapport, on se croise, et on n'établit plus de vraie relation - c'est en train de nous tuer.

Rompre l'isolement. Oui se rencontrer, oui se parler, oui prendre l'apéro. Pas chacun chez soi, pas dans son cercle restreint. Dehors, là où il y a déjà du monde. Là où il y a déjà des gens qui se parlent. Même si on n'a pas les mêmes points de vue, même si on n'a pas les mêmes "cheval de bataille", ou qu'on n'en a pas tout simplement, même si on n'a pas les mêmes conditions de vie... Recommencer à se parler.
A se voir déjà, se sourire éventuellement, échanger quelques regards, même si on ne dit rien et qu'il y en a qui gueulent. Qui disent des conneries. J'en dis aussi, même qu'à moi. Reprendre juste contact. Se re-connaître. Ne pas chercher à convaincre, à mettre en avant sa vision, ne pas savoir, redécouvrir. 
Nous sommes tous ignorants.
Pas de ralliement, mais commencer à se relier, juste comme ça en prenant contact en vrai. Les corps dehors.
Oui je vais sortir prendre l'apéro. Je vais aller là où il y a déjà des gens qui se parlent et qui se sont rendus visibles parce qu'ils n'étaient rien.

En étant nombreux, différents, dehors, visibles, à commencer à se parler, à commencer à s'écouter, à se découvrir, sans chercher l'accord, l'approbation, le similaire, le mariage et la construction de la maison, sans déballer des solutions déjà prêtes à l'emploi, quelque chose de nouveau se fait...

lundi 18 mars 2019

Point mare


Précédent article sur le sujet : https://ciel-ou-vert.blogspot.com/2017/12/chantiers-mare.html.


Eté 2018


Des nouvelles :

Pour un système de mortier à la chaux, le coût est assez élevé. Car nous avons constaté qu'il vaut mieux mettre plus de chaux dans le mélange, comme Evelyne Adam, pour ses Kerterre. C'est à dire qu'il faut mettre autant de chaux que de sable, plus quelque chose de structurant (elle, elle utilise le chanvre pour ses longues fibres, pour construire des maisons), mais ça peut être de la tonte d'herbe, du fumier, de la paille, ou de la pouzzolane (pour se rapprocher du béton romain : ils auraient utilisé de la pierre volcanique ou du tuileau, c'est à dire des vieilles tuiles concassées).

S'agissant de la grande mare, après un deuxième hiver, on voit que c'est à cette période que la structure se fragilise. Il gèle assez fort ici l'hiver (même sur une très courte période cette année !), et le terrain est quand-même assez argileux, donc bouge beaucoup avec le gel. 
La grande partie évasée de la grande mare a, semble-t-il, une structure trop souple pour sa taille, sa forme et le terrain mouvant (grillage à moutons). Elle bouge donc beaucoup l'hiver et craque par endroits (surtout sur les bords qui sont moins tenus). Le fond ne bouge pas car il est bien tenu. La petite partie non plus, ni la petite mare, car le rocher affleure en-dessous et tient bien la mare qui est plus petite et bouge moins. (Les Romains et d'autres peuples faisaient des bassins préalablement structurés en pierres, puis recouvraient de ce béton de chaux. Il faudrait aussi voir sur quels types de sols ces bassins ont été réalisés, dans quel milieu climatique, etc.). 
A la fin du premier hiver, on a fait des réparations avec un mélange moitié chaux, moitié sable, et nous avons eu une mare bien remplie tout l'été. Et cet hiver, la grande mare s'est de nouveau au 3/4 vidée, mais les dégâts sont un peu moins importants que l'hiver passé (bien qu'il ait fait plus froid, certes sur une période plus courte), car elle est restée plus longtemps en eau et cela a dû mieux la protéger, même si l'eau a intégralement gelé à un moment donné. 
Nous allons donc refaire des réparations avec la même proportion sable - chaux, mais en tamisant bien le sable pour avoir quelque chose qui pénètre les fissures et en essayant d'y ajouter de la tonte fine (pour un effet plus structurant de polymérisation), et pourquoi pas de la cendre ? Et on verra... 
La vie en tous cas revient très très vite dans l'eau. Si nous voyons l'année prochaine que ça ne fonctionne décidément pas, peut-être que nous devrons mettre une bâche. (Donc si on veut être sûr que cela fonctionne tout de suite, avec la bâche a priori on "gagne du temps").


Nouveaux conseils de septembre 2020 :

Le grillage sert à structurer le béton, comme le font les fers à béton dans le béton classique, pour que l'ensemble se tienne.

Nous vous conseillons d'ajouter au mélange quelque chose de structurant en plus, comme les graviers dans le béton classique. On peut mettre de la pouzzolane si l'on veut essayer d'imiter le béton romain puisqu'ils se servaient soit de pierres volcaniques, soit de tuileau (des tuiles en terre concassées). Mais on peut imaginer un matériau que l'on trouve à proximité.

Autre conseil : il faut maintenir le niveau d'eau et surtout au moment de la prise. La chaux hydraulique fait sa prise à l'eau. Une fois que le dernier enduit a commencé à bien sécher en surface, il convient de remplir la mare jusqu'au trop-plein et de maintenir ce niveau.

L'idéal est d'avoir le moins de bords possible car les parties qui alternent le contact avec l'air et l'eau ont tendance à se craqueler. Il est possible de protéger les bords avec des pierres.


mercredi 6 février 2019

Où en est-on avec l'asso ?


Nous renouvelons chaque mois les retrouvailles Incroyables Comestibles devant Les Halles Bio : chaque 3e samedi, jardinage-bavardages-partage, le plaisir d'être ensemble les mains dans la terre, de 10h à 12h.

Les permanences d'aménagement du Jardin Mire sont les mardis de 10h à 12h. Il y a tout à faire !

Nous organisons une réunion fin avril à 10h (le samedi 27, à confirmer), au Jardin Mire, ouverte à toutes et tous. Nous pourrons manger sur place (chacun.e apporte un petit quelque chose à partager), et voir si cela se prolonge.
Ce sera l'occasion de faire un point sur l'asso, en mode AG très rapide au vu de l'activité réduite du moment. Puis, pour celles et ceux qui le souhaitent, de proposer de nouveaux rendez-vous en fonction des souhaits, possibilités exprimés. La structure associative de Ciel-ou-vert est disponible pour appuyer de nouvelles activités, toutes les propositions sont les bienvenues. (Rien de forcément très ambitieux. Par exemple, Camille souhaite mettre en place un rdv annuel à la fin de l'été pour faire à plusieurs ses conserves de tomates pour l'hiver.)

A bientôt !

mardi 5 février 2019

Utiliser le mot Permaculture ? (suite)


Lien de la première partie de l'article, qui permet de comprendre ce qui est écrit ci-dessous : http://ciel-ou-vert.blogspot.com/2019/02/utiliser-le-mot-permaculture.html.



Je m'aperçois que j'ai négligé de mentionner clairement l'élément relationnel, social, de groupe... dans ce thème (merci Christophe !). 
Effectivement, si tout part de l'intérieur - sans quoi le monde n'existerait pas pour moi, pour vous -, nous sommes en relation. Dans le monde, nous sommes apparemment séparés et en même temps nous n'existons pas tout seul. Nous sommes même en relation avec la "microfaune" de "notre corps" qui "protège notre intégrité physique" (jusqu'à un certain point !).
Les relations humaines sont bien au coeur de ce thème. Les mots évoqués sont effectivement des mots derrière lesquels des êtres humains se regroupent, parce qu'on les créé pour traduire une façon d'organiser, de penser la vie ensemble justement. Notons qu'aujourd'hui la pensée de la vie ensemble n'intègre plus seulement les êtres humains, mais tous les éléments de la nature dont ils font partie car on se prend de plein fouet la réalité de l'interdépendance de tous ces éléments, humains compris (tiens, c'est étonnant, certains regroupements d'êtres humains sur la planète ont intégré cela depuis longtemps, sans recours à "nos" connaissances scientifiques, et sans la provocation de catastrophes écologiques).
Donc on crée des nouveaux mots du fait de cette réalité "nouvellement comprise" pour nommer de nouvelles façon d'aménager le fait qu'on n'est pas tout seul, qu'on a "besoin les uns des autres". 

Si on est en train d'intégrer la dimension non humaine dans le relationnel et dans l'organisation de la vie ensemble, nous n'avons toujours pas réglé nos problèmes relationnels entre êtres humains ! On est encore à la recherche de mots, de pensées, d'aménagements, à adopter, qui vont les régler. Dites, on ne serait pas toujours embourbé dans le même problème ?! 
Et il y a fort à parier que si l'être humain "résout" son problème relationnel avec ses semblables, il résoudra par là-même son problème relationnel global avec "le vivant" car c'est en fait le même état dysfonctionnel qui fait que l'on ne voit pas le vivant dans son semblable, et qu'on ne le voit pas dans tous les éléments de ce monde, non humains compris.

Or visiblement, parce qu'on commence à avoir un peu d'expérience en la matière, ça ne passe pas par une solution miracle à plaquer à une situation.

D'abord, qu'est-il alors ce "besoin les uns des autres" entre êtres humains mentionné plus haut ? Qu'est-ce que vous, vous, mettez derrière cette expression ? Questionnez-la pour vous-même réellement.
Je vais donner temporairement ici une forme de réponse "historique", plus globale (et très partielle !) :
Est-ce le besoin que les autres se conforment ?
Car souvent, dans les faits, ça s'est traduit par : 
Toi et moi, on marche ensemble pour s'en sortir. Mais il nous faut un contrat commun. Sinon j'ai trop peur que tu me fasses une entourloupe et que je ne m'en sorte pas. Il nous faut une entente, ok, mais comme j'ai peur que ce ne soit pas respecté, il faut que cette entente ait un règlement qui me donne le droit de te tuer - bon de t'emprisonner, si tu ne le respectes pas ("Comble-moi, rends-moi heureux et ne t'avise pas de me quitter, ok ?"). 
Puis, au final, comme nous sommes plus intelligents que les autres hein, ce règlement, nous en faisons une bannière que le monde entier devrait adopter. Il faut que l'autre "soit" comme on a envie qu'il "soit", qu'il se conforme. 
C'est absurde, on se rend malheureux depuis des temps immémoriaux avec ça.
On a l'impression de créer des super idées pour vivre ensemble : enfin, on a la solution pour pouvoir durer dans ce monde ! Vite, il faut que tout le monde sache ça et on est perdu si on n'applique pas les choses de cette façon !
Sauf que ce monde est impermanent, imparfait, conditionné, que nous ne sommes pas omniscients, etc. Donc on se trompe forcément quelque part.

Alors, de fait, on vit quand-même ensemble... Comment fait-on pour ça ?

C'est de là qu'on en vient à exprimer préalablement que si on est clair à l'intérieur, on est clair à l'extérieur. C'est la "première" étape (si on doit séquencer). Or, depuis que l'on "se" pense "soi-même", à l'échelle de l'évolution humaine, on n'est pas clair à l'intérieur et on le fait se manifester à l'extérieur.
On étend notre façon d'être au monde.
Qu'est-ce qu'on fait ? On se remplit de trucs, d'idées, d'objets, de pensées, en fonction de son propre contenu de vie, de son histoire, de son contexte, des émotions vécues et accumulées, etc.
Et puis, avec ce contenu et à partir de lui, on va dire que telle ou telle chose est mieux qu'une autre, on évalue, on fait des classifications... Et on se positionne, et on s'identifie, et on incarne des rôles, etc.
On crée un faux sens de soi. Et comme ce faux sens de soi est très fragile car il ne repose sur rien de solide, sur rien d'absolu (on pourrait même dire sur un foutoir bringuebalant), il se sent toujours menacé. Il faut toujours "se" défendre, "se" justifier ; et parallèlement, il faut chercher à "s"'étendre pour "se" renforcer en convainquant les autres, en acquérant de nouvelles choses, etc. 
Et, ultimement, il faut créer un truc absolu auquel tout le monde doit se conformer comme ça c'est plus simple ("Dieu" ?, les "Droits de l'Homme" ?, la "Permaculture" ?... - pour reprendre les mots évoqués dans le précédent article).

Si ça ce n'est pas nous, alors qui sommes-nous ? C'est justement la question qu'il y a à se poser... Et il n'y a pas de réponse arrêtée... C'est bien cela que l'on n'accepte pas. Ne pas pouvoir se définir. On passe ainsi son temps à combler un manque, en ajoutant des trucs.
Peut-on s'arrêter 2 secondes, et regarder ce "vide" ?
C'est justement en sentant, en voyant cet "espace" en soi, derrière les sens et le mental, que l'on vient au plus près de la "vie" indéfinissable, illimitée. 
Comme dit au début du post précédent, avec les mots, on ne peut pas traduire l'indicible. C'est la pensée humaine, la pensée n'est pas ce qu'on est. On est autre chose derrière ça. Il y a une autre dimension en nous qui englobe les pensées, les émotions, les sensations, les expériences, et qui les voit telles qu'elles sont.
Tant qu'on a peur, qu'on n'est pas à l'aise avec ce "vide", on se prive d'expérimenter le fait de prendre conscience des étiquettes que l'on colle partout, d'aller dans cet espace intérieur où on voit les choses de façon non conditionnée. Tout le monde "a" ça, tout le monde "est" ça. 
Au-delà des rôles que l'on joue, qui peuvent être celui de la personne infâme, ou celui de la personne infime, timide, inoffensive, qui a peur d'être moins bien et nourrit secrètement l'envie d'être supérieure... 
Cela suppose de partir de là où on est, dans le moment, en revenant toujours ici, dès qu'on est embarqué dans des projections, dans un vouloir qui n'est pas là, ou autre chose...

"Ensuite" (si on continue à séquencer), on fait le lien entre cet espace intérieur et l'incarnation dans le monde.
Et c'est là qu'on voit déjà que la plupart de nos relations sont faussées car on joue des rôles conditionnés, etc. Imaginez des "faux sens de soi" qui parlent entre eux ce que ça donne ! Et qui pensent dire des choses très intelligentes.
Donc on revient toujours au moment qui n'existe que maintenant, par cet espace de conscience, qui n'est pas dans la tête, qui n'est pas le raisonnement mental, mais qui est aussi sentir son corps, voir ses émotions, ses pensées, ses sensations. Les accepter sans les laisser nous embarquer dans une histoire qui nous ferait dire par exemple : je suis malheureux parce qu'on m'a attaqué, donc j'attaque, j'ai le droit du coup, etc. Le "malheur" est "mon histoire malheureuse", une fiction que j'entretiens. Ce qui est réel cela peut-être des faits réels, un coup que l'on a pris, un inconfort, une douleur, de la souffrance, une émotion lourde qui fait mal dans la poitrine... Ce sont des émotions, des choses, des pensées, que l'on entretient si on les grave dans le marbre. Or, on est capable de transmuter cela, d'aller au-delà de ce qui n'est pas soi.
Ce n'est pas du contrôle mental, un truc qu'on se met dans la tête dans le but de devenir "parfait", ni du stress... C'est une sorte de vigilance calme de l'instant. Mais paradoxalement ce qui peut aider c'est de laisser aller, ne pas se préoccuper de ce qui se passe, et revenir à la sensation de vie à l'intérieur du corps, qui n'est pas une sensation par les sens pourrait-on dire, c'est au-delà, cela ramène à la "conscience" (je peux mettre un autre mot qui me permet d'appréhender cette réalité).
De là, on revient au monde et à la situation qui est en train de se dérouler, et on peut éventuellement poser un geste à partir de cet espace d'intelligence. C'est simplement à expérimenter.

Tout ceci n'est pas un repli sur soi, et ne nous empêche pas d'élaborer des moyens de s'organiser à plusieurs. Nous partons alors de l"'intelligence" telle qu'elle est décrite plus haut, et nous ne partons pas d'un concept que nous essayons de coller à une situation, concept qu'on nous a peut-être vendu, puis que nous essayons de revendre à notre tour, avec tout ce qu'on y a mis de "soi", qu'il faudra donc faire attention à défendre, etc.
Et nous pouvons prendre du plaisir à être ensemble et à créer. Parce qu'il n'est question que de ça. Il n'y a rien de figé dans le monde, c'est une vue de l'esprit, l'univers est un processus constant. Donc nous sommes tout le temps en train de créer. Et si nous voyons clairement tout ce qui nous gêne pour ça, ce qui fige, ce qui fascine de façon "morbide", les mots, les pensées qui viennent nous prendre toute notre attention, en disant : " Coucou ! Regarde comme je suis importante !", eh bien qui sait ce que nous ferons ? 
Sans mettre une pensée là-dessus, car cela n'existe pas ce que l'on fera, et il est vain d'essayer de faire de la suggestion pour quelque chose qui n'est pas là, mais on sait déjà en expérimentant que cela permet de commencer à sortir des vieux schémas réactionnels conditionnés que l'on se traîne. Et déjà, rien que de les voir, même s'ils sont encore très souvent là, c'est un pas très important par rapport à l'état d'"inconscience" qui prime depuis des années et des années.

Ce qui est important c'est la façon de se comporter vis-à-vis de la pensée, plutôt que la pensée en elle-même. La pensée est outil, or on fait de cet outil une fin en soi et on s'en sert "mal". Et ce qui se passe c'est que les "personnes vivantes", on s'en sert comme des outils, à jeter éventuellement s'ils ne sont pas conformes à ce qu'on voudrait. On ne voit plus le vivant, on préfère même parfois le mot à la personne - c'est l'abominable aberration. 
Elle est pratiquée bien sûr en masse à l'échelle collective, de façon encore plus désincarnée, mais aussi à l'échelle individuelle, dans "nos petites vies" - peut-on le voir ?

Ce n'est pas écrit à l'avance ce qu'on fera ensemble. Simplement, on ne peut pas partir d'une idée, qui n'existe qu'en pensée, en se disant qu'on fera le bien avec cette idée. "La route vers l'enfer est pavée de bonnes intentions", dit-on. C'est ce qu'on a toujours fait, et on a le monde qu'on a.
Partons de l'intérieur, clarifions, voyons-nous nous-mêmes et allons dans le monde vers les autres et voyons ce que l'on est en train de faire ensemble. Chaque moment est tout petit. La grandeur des évènements est une vue de l'esprit. Soyons à chaque moment vigilants, attentifs au signe qui nous invite à nous reposer :
qui suis-je ?        - vide -
Ceci n'est pas une nouvelle croyance à adopter, est-on simplement prêt à l'expérimenter ?

Effectivement, derrière le mot permaculture, il y a des expériences réelles de partage, de création de communauté pour s'organiser et vivre, qui se questionnent. 
Ce, d'une façon beaucoup plus horizontale entre les personnes, et autonome, que ce qu'on peut connaître dans un schéma d'Etat classique qui perçoit l'impôt et pourvoit aux "besoins" (aujourd'hui plutôt assimilés à la consommation, l'administré étant rendu passif par la politique menée et vu comme un consommateur et un individu isolé). 
Cela concerne le politique, au sens de l'organisation de la vie de la cité.
S'intéresser au concept de permaculture, cela peut donc être une rupture, une remise en question (par rapport à la condition de consommateur et d'individu isolé), si nous portons réellement notre attention sur des questions comme : qui sommes-nous dans ce monde (par rapport à la "nature" qui n'est en fait pas distincte) ?, quels sont nos besoins réels ?, quelle responsabilité prenons-nous par rapport à ceux-ci et par rapport à notre impact dans le monde ?, comment envisageons-nous la communauté, les relations, les "autres" ?... (avec toujours présent à l'esprit : qu'est-ce qui m'anime à l'intérieur au moment où je me pose cette question ? ou au moment où je pose un geste ?).


Camille



vendredi 1 février 2019

Utiliser le mot Permaculture ?


Il y a des phases d'expansion, il y a des phases de retour. Comme dans la respiration, comme dans l'expansion de la forme physique et son retour... L'hiver est un moment propice au retour, à la concentration de l'énergie à l'intérieur. Je pourrais concrètement hiberner l'hiver. Avant de reparler des activités associatives en cours et projetées, une petite plongée maintenant dans ce qui peut émerger de l'espace du non agir.


Certains mots, expressions, concepts ont une histoire assez semblable, plus ou moins longue. Ils sont créés dans un contexte pour traduire une pensée spécifique, souvent nouvelle dans l'esprit humain à ce moment-là, et puis peu à peu le mot en lui-même devient si important, si fascinant, qu'il est utilisé comme s'il se suffisait à lui-même. On prononce le mot magique, et l'on pense que c'est une réalité à part entière. Certains mots en viennent même à asseoir d'autres fins, éloignées de la réalité que l'on prétendait indiquer à travers lui. C'est la bizarrerie de notre monde.

Les mots ne sont pas la réalité (et même la réalité est un mot !). Ils introduisent toujours une forme de dualité propre au mécanisme humain de la pensée.
En fait, les mots sont eux-mêmes des pensées, ce sont des outils pour nous. Les outils sont formidables pour les êtres humains et le monde, dont nous sommes partie intégrante. Ils ne sont pas un problème. Ce qui importe c'est l'usage que l'on en fait. Le monde que l'on créé dépend toujours de comment on utilise l'outil, qui ne se suffit pas lui-même, aussi formidable soit-il.

Avec le mot Permaculture, en France, ça a été assez fulgurant. Il a mis près de 40 ans à être importé, avec ce qu'il recouvre, et en quelques brèves années, il est aujourd'hui très souvent vidé de son sens : c'est-à-dire qu'il est fréquemment brandi, sans même vraiment savoir à quoi on fait allusion en l'utilisant.

Je n'emploie plus le mot permaculture, sauf pour des raisons pratiques, pour me faire comprendre ou désigner directement le concept. Ce n'est pas une nouvelle posture dogmatique qui viendrait remplacer la précédente, le mot n'est simplement pas important en lui-même. Utiliser une étiquette, si on n'a pas conscience que c'en est une au moment où on l'utilise, crée de la confusion dans l'esprit, et on finit par s'identifier à quelque chose qui n'est pas réel et qui vient alimenter un faux sens de soi. S'ensuivent des schémas habituels qui fonctionnent sur l'antagonisme, bien rodés chez notre espèce.

Ce concept élaboré par Bill Mollison et David Holmgren en Australie, à la fin des années 70, issu pourrait-on dire d'une forme de pensée humaniste qui intègrerait les relations horizontales entre êtres humains, et la relation êtres humains - nature, désigne une réflexion, une méthode pour concevoir, de façon très pratique et concrète, des systèmes humains respectueux de l'éthique suivante : "prendre soin de la Terre ; prendre soin des êtres humains ; produire des choses essentielles à nos besoins et en partager les surplus".
Ce, afin que les façons de faire humaines soient "permanent", c'est-à-dire qui autorisent l'idée, l'espoir, que nous puissions encore un jour habiter sur cette planète sans tout détruire avec nos procédés.
C'est parti d'une application de cette pensée-méthode au domaine particulièrement destructeur de l'agriculture telle qu'elle était pratiquée à l'époque et encore aujourd'hui, pour rapidement s'étendre à plein d'autres domaines qui recouvriraient en fait nos besoins (habitat, énergie, santé...), sous le vocable devenu "culture".
Cela veut montrer que c'est très possible de mettre en oeuvre des conceptions qui ne nous abîment pas (le nous étant inclus dans la nature), avec des solutions concrètement réalisables.
De là, c'est un peu "open source", avec toute technique, outil, bienvenu qui répondrait aux principes et à l'éthique proposés.

Souvent, quand une idée est "bonne", on s'engouffre dedans massivement comme d'un seul homme. L'Homme est toujours à la recherche d'un nouveau Dieu, créé par lui. 

Il ne s'agit pas de nier la réalité impulsée par ce mot, qui s'accompagne d'une pensée et de travaux très inspirants, et qui se traduit par plein de nouvelles activités en France et partout dans le monde, qui pour une large part ne sont pas du tout de l'esbroufe, mais bien des façons de faire, de vivre sur la planète qui se questionnent, s'expérimentent. Des connaissances et techniques utiles se transmettent, nouvelles ou oubliées - ceci n'est pas nié, et c'est enthousiasmant !

Mais, faire du mot permaculture un étendard, comme si c'était le bien incarné (en exagérant légèrement, pardon), c'est reposer éternellement le même état dysfonctionnel humain.

Ou alors quand on dit "faire de la permaculture", cela ne veut en soi rien dire. Cela peut sous-entendre faire le bien pour la planète ?, ou faire du jardinage en laissant pousser des herbes folles ?..., ou autre chose.
Ce qui a du sens c'est la réalité du moment qu'on appréhende consciemment. On est en train de discuter avec des gens pendant qu'on met les mains dans la terre et qu'on observe la microfaune, par exemple, ou, on est en train de dessiner à plusieurs une image d'un rêve que l'on essaie de traduire, ou...

Il n'y a aucun mot à défendre. Il n'y a pas plus de mot à attaquer. Les mots ont un usage pratique, on peut en trouver certains beaux aussi. Ils sont des obstacles quand nous y investissons quelque chose (une identification, une position mentale...) qui nous empêche d'expérimenter directement la réalité qu'ils seraient censés désigner. On se fait croire des choses, on se raconte des histoires. Demandons-nous toujours quelle réalité les mots que nous utilisons recouvrent, ne nous laissons pas endormir par notre propre berceuse. Les mots ne sont pas très précis, ce ne sont au mieux que des panneaux indicateurs, mais dès qu'ils prennent un côté sanctuarisé, c'est un signe qu'il y a là quelque chose de surinvesti. Et nous nous éloignons alors de l'intelligence lucide du moment, qui nous fait voir la réalité telle qu'elle est.

On a fait la même chose avec le mot "Dieu", avec l'expression "Droits de l'Homme", et des tas d'autres. J'ai côtoyé des gens qui consacrent de nombreuses années, voire "toute leur vie", au combat pour faire avancer les droits humains, et dès qu'ils se retrouvent dans des rapports réels d'humain à humain se comportent comme si ce qu'ils mettent derrière cette expression n'existe en fait pas, ou ne les concerne pas,  en massacrant ne serait-ce que symboliquement par une phrase, un regard, un jugement, par exemple, la personne qu'ils ont en face d'eux. Quand on fait cela ce n'est pas anodin (même si à ce moment-là on ne s'est pas servi d'un kalashnikov), car à ce moment-là on ne voit plus le vivant en l'autre, et c'est le principal dysfonctionnement humain. Par contre, on peut continuer à se raconter qu'on a gagné tel combat et se barder de l'étiquette du "bien". Avec les activités dans le domaine de la permaculture, ou de l'agroécologie, ou autre, c'est plus soft, on ne convoque pas forcément l'idée du "combat", mais on peut tomber dans le même piège de se penser "supérieur", "plus conscient", "plus malin", mieux quoi. Et cela n'empêche pas de vouloir sincèrement "faire bien pour la planète". C'est simplement une vue de l'esprit. On peut par exemple diffuser de l'information, partager des choses, sans se positionner mentalement de la façon décrite.

Parce qu'on aura beau s'agiter dans tous les sens et faire ce que l'on veut, élaborer n'importe quelle "stratégie", avoir l'analyse la plus intéressante possible, on est perdu si l'on ne regarde pas avec lucidité à l'intérieur de soi-même. Par quoi est-on animé dans le moment ? La racine est là. A-t-on suffisamment de discernement dans le moment pour examiner l'ensemble de la situation ? Nous ne sommes pas omniscients dans ce monde, nous sommes même très limités, malgré nos réelles prouesses techniques. L'illusion est de chercher à tirer notre discernement de l'extérieur. Ce n'est pas quelque chose qu'on va obtenir, par des concepts par exemple. Les choses du monde sont instables et impermanentes. Par contre, c'est en allant dans l'espace de sa conscience, que l'on a tous à l'intérieur de soi, qui est illimitée, que l'on peut, par exemple, distinguer un fait d'une opinion, voir les pensées (+ les émotions, + les sensations) comme telles, voir que l'on est en train de créer de la souffrance ou pas, voir l'illusion que peut procurer une "étiquette", utiliser une "bonne idée", un outil, sans l'investir d'un sens de soi...

Il n'y a pas de recette qui permettrait de se passer de l'intelligence appropriée à chaque situation. L'intelligence ce n'est pas celle qui se cantonnerait à l'intelligence de la tête et des raisonnements alambiqués, le mental est encore un outil. C'est voir, entendre, sentir, ressentir... au-delà des sens, qui sont le premier vecteur (du monde extérieur), et en-dehors des identifications, étiquettes, positions mentales (qui jaillissent à l'intérieur).

C'est cet état intérieur qui prime, et c'est de là que découle tout le faire qui n'est que secondaire. Souhaite-t-on la "permanence" du monde ? En réalité, l'idée de permanence traduit un réflexe sécuritaire, une résistance au changement. L'idée de durabilité aussi. Or, le monde, l'univers est un processus, sans cesse soumis au changement. Ce que l'on cherche c'est à y vivre harmonieusement en épousant la vague de la vie et en évitant d'ajouter de la souffrance inutile à l'héritage existant de souffrance.
Nous n'avons pas besoin de nous barder de concepts, mais juste à regarder en nous, et éventuellement après, faire quelque chose qui part de cet élan (et qui peut passer par l'utilisation pratique d'un concept).
Or nous sommes nombreux à faire plus attention à ce qui se passe à l'extérieur (ce qu'on fait, etc., les trucs, le monde), que voir notre état intérieur du moment.
De là découle le monde. Et il prend une certaine couleur.

Pour finir en cet instant, le mot permaculture n'est pas un problème, c'est juste un mot.


Camille


samedi 15 décembre 2018

Les Incroyables Comestibles au 15 décembre 2018



Depuis septembre, nous nous retrouvons chaque 3e samedi du mois pour jardiner collectif devant les Halles Bio à Pertuis. Nous avons semé mâche, roquette, moutarde, fèves, petits pois... 


Merci Emilie pour les grandes inscriptions peintes, et merci Magali, Hélène, Camille et Isabelle qui nous a rejoint !


Bienvenue à vous pour découvrir ce jardin qui "vit toute l'année". 
Prochain rendez-vous en 2019 !
(ou avant pour rendre visite à Dames Menthe et Consoude ;))



Tous les articles sur les Incroyables Comestibles à Pertuis : cliquer ici.

Toutes les infos du groupe de Pertuis : cliquer ici.


vendredi 30 novembre 2018

Présent !


Partage, par Camille, d'écrits d'Eckhart Tolle sur l'état de présence. Plus l'identification à la pensée, au mental, au "faux moi", se joue dans les aventures collectives, comme dans toute aventure, plus la communication entre les personnes se complique. Au lieu d'être des simples outils pratiques, ce qu'ils sont, ces éléments deviennent des choses à défendre, sous peine de perdre son "identité". Des problèmes, des conflits surviennent. Ceci n'est pas mal. C'est juste là pour apprendre à se sortir de ces situations, comme on chercherait naturellement à se sortir d'un bourbier, plutôt que de vouloir à tout prix y rester ! Ces situations sont pourtant vouées à se répéter tant que l'on n'a pas compris ce qui en est à la source en soi. Commencer à voir et se détacher de ces schémas habituels d'identification, être de plus en plus présent à ce qui est, permet de franchir un cap, pour soi-même, puis pour élaborer des choses ensemble. Avec l'association Ciel-ou-vert, une proposition d'ateliers de la présence est en germination, en plus des autres rendez-vous habituels mentionnés dans l'agenda. Quelques aménagements pratiques d'accueil sont en cours. Pour l'instant, on vous dit simplement bonne lecture et à bientôt !





HOP :


"Les dogmes - religieux, politiques, scientifiques - naissent de la croyance erronée selon laquelle la pensée peut englober la réalité ou la vérité. Ils sont des prisons conceptuelles collectives. Le plus curieux, c'est que les gens adorent leur cellule, car elle leur donne un sentiment de sécurité et la fausse impression de savoir.
Rien n'a infligé à l'humanité plus de souffrance que ses dogmes. Tout dogme finit tôt ou tard par s'effondrer, oui, car la réalité finit par révéler sa fausseté ; mais si l'on n'en voit pas l'illusion fondamentale, il sera remplacé par d'autres.
Quelle est cette illusion fondamentale ? L'identification à la pensée."

(...)

"Le domaine de la conscience est trop vaste pour être saisi par la pensée. Lorsque vous ne croyez plus tout ce que vous pensez, vous sortez de la pensée pour voir clairement que le penseur n'est pas votre être essentiel."

(...)

"Chaque fois que vous portez attention à un élément naturel parvenu à l'existence sans intervention humaine, vous vous délivrez de la pensée conceptuelle et participez, dans une certaine mesure, au lien avec l'Être où existe encore tout ce qui est naturel.
Pour porter attention à une pierre, à un arbre ou à un animal, il ne s'agit pas d'y penser, mais de le percevoir, de l'entretenir dans votre conscience.
Une part de son essence vous parvient alors. Lorsque vous sentez le calme de cet être, ce calme émerge en vous. Vous le sentez reposer dans l'Être - uni à sa nature et à son espace. En prenant conscience de cela, vous arrivez, vous aussi, à un espace de repos au fond de vous."

"En vous promenant, en vous reposant dans la nature, accordez-lui votre respect par une présence entière. Soyez calme. Regardez. Ecoutez. Voyez comme chaque animal, chaque végétal est tout à fait lui-même. A la différence des humains, il ne s'est pas scindé. Comme sa vie ne dépend pas d'une image mentale de lui-même, il ne se soucie pas de la protéger ni de l'améliorer. Le cerf est lui-même. La jonquille est elle-même.
Tout, dans la nature, est uni non seulement en soi, mais aussi à la totalité. Rien ne s'est retiré de la trame de l'univers en proclamant une existence séparée : "moi" et le reste de l'univers.
La contemplation de la nature peut vous libérer de ce "moi", le grand fauteur de troubles."

(...)

"Comme vous n'avez pas créé votre corps, vous ne pouvez contrôler ses fonctions. Une intelligence plus grande que le mental humain est à l'oeuvre. Cette même intelligence soutient la nature entière. Pour vous en rapprocher davantage, il vous suffit de prendre conscience de votre propre champ d'énergie intérieur - cette vitalité, cette présence stimulante dans le corps."

Eckhart Tolle dans Stillness speaks, 2003 (titre traduit dans l'édition française par L'art du calme intérieur - bof, bof... sans jugement aucun ;)).

[Avec un grand, grand parfum de Jiddu Krishnamurti :)]

[Et un autre parfum vient : "Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable", oui Stig Dagerman... Et oui... l'illusion du temps : "Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l'on exige de moi. Ma vie n'est pas quelque chose que l'on doive mesurer." in Notre besoin de consolation est impossible à rassasier]




HOP :

"Dès que vous dépassez le plan de la survie, les questions du sens et de la raison d'être se mettent à avoir une importance primordiale dans votre vie."

(...)

"Aussi longtemps que vous serez inconscient de l'être, vous chercherez une signification seulement dans la dimension du faire et du futur, autrement dit dans la dimension du temps. Et toute signification ou satisfaction se transformera en déception à un moment donné et sera invariablement détruite par le temps. La signification que nous trouvons sur ce plan n'est que relativement et temporairement vraie.
Par exemple, si l'éducation de vos enfants donne un sens à votre vie, que se produira-t-il lorsque ceux-ci n'auront plus besoin de vous ou ne vous écouteront plus ? Si le fait d'aider les autres donne un sens à votre vie, vous dépendez des autres plus que de vous pour continuer à donner un sens à votre vie et à vous sentir bien. Si c'est le désir d'exceller, de faire et de réussir qui donne un sens à votre vie, que se passera-t-il si vous ne réussissez jamais ou si votre bonne étoile vous abandonne un jour, comme cela se produira probablement ? Il vous faudra alors recourir à vos souvenirs et à votre imagination, compensation bien maigre pour donner un sens à votre vie. "Réussir" dans un domaine quelconque n'a de sens que si des milliers ou des millions de gens ne réussissent pas. Il faut donc que d'autres êtres humains échouent pour que votre vie ait un sens.
Je ne dis pas qu'aider les autres, prendre soin de vos enfants ou viser l'excellence soient des choses sans valeur. Pour bien des gens, ces activités constituent une importante partie de leur raison d'être dans le monde concret. Mais cette raison d'être extérieure est toujours relative, instable et impermanente. Cela ne veut pas dire qu'il faut vous abstenir de vous engager dans ces activités. Cela veut dire que vous devez les harmoniser avec votre raison d'être première et intérieure pour donner un sens plus profond à ce que vous faites.
Si vous ne vous alignez pas sur votre raison d'être première, tout objectif que vous vous donnerez, même si c'est de créer le paradis sur Terre, sera un produit de l'ego et sera détruit par le temps. Tôt ou tard, il mènera à la souffrance. Si vous ne tenez pas compte de votre raison d'être profonde, peu importe ce que vous ferez, même si cela a l'air de nature très spirituelle, l'ego s'immiscera dans le comment et le moyen viendra corrompre la fin. Le dicton qui dit que "La route vers l'enfer est pavée de bonnes intentions" met le doigt sur cette réalité. Autrement dit, ce ne sont ni vos activités ni vos objectifs qui sont primordiaux. C'est l'état de conscience dont ils émanent qui l'est. L'accomplissement de votre raison d'être première jette les bases d'une nouvelle réalité, d'une nouvelle Terre. Une fois que les bases sont là, votre raison d'être extérieure prend une forte coloration spirituelle étant donné que vos objectifs et intentions ne font qu'un avec la pulsion évolutive de l'univers."

(...)

"Ne laissez pas un monde de folie vous dire que la réussite est autre chose qu'un moment présent réussi."

Eckhart Tolle dans A New Earth, 2005 (Nouvelle Terre).


HOP :

"Dès l'instant où vous prenez conscience que vous n'êtes plus présent, vous l'êtes. Chaque fois que vous pouvez observer votre mental, vous n'êtes plus pris à son piège. Un autre facteur est entré en jeu, quelque chose qui n'appartient pas au mental, la présence en tant que témoin."

(...)

"Voyez si vous pouvez en même temps être en contact avec votre corps subtil. Maintenez une partie de votre attention vers l'intérieur. Ne la laissez pas se tourner entièrement vers l'extérieur. Sentez votre corps entier de l'intérieur, comme un seul et unique champ énergétique. Comme si vous écoutiez ou lisiez avec tout votre corps."

Eckhart Tolle dans The power of now, 1999 (Le pouvoir du moment présent).




Hop, hop, hop, hop, hop...